Le symbole d’un marché du travail en mutation

Le marché du travail, au début du XXIème siècle, n’est plus celui des Trente glorieuses et encore moins celui de l’ère fordiste. Les entreprises, confrontées au renouvellement permanent de leur secteur économique, ont désormais besoin d’une plus grande souplesse dans la gestion de leurs ressources humaines. Ceci se traduit par une moindre linéarité des carrières des cadres, mais n’est pas forcément synonyme d’une plus grande précarité, à condition que ceux-ci profitent de ces périodes pour développer leur autonomie en recherchant des missions ponctuelles dans un cadre formateur et sûr. La possibilité d’avoir des phases d’activité autonome, grâce au portage salarial, est pour eux un bon moyen de vivre ces transitions professionnelles et de renforcer leurs parcours.

Les nouvelles formes d’emploi, dont fait partie le portage salarial, ont en commun de concilier une réelle soif de liberté et d'autonomie des individus dans la sphère professionnelle, et un besoin de protection et de sécurité associé à ce risque.

Parmi les cadres et experts, cet outil répond aux aspirations de populations très diverses : le cadre en reconversion professionnelle, le senior qui souhaite poursuivre sa carrière, les femmes reprenant une activité professionnelle et les jeunes qui ne souhaitent plus s’engager durablement.

La consécration de cette nouvelle forme d’emploi illustre une révolution profonde du marché du travail.

Désormais consacré et encadré, le portage salarial illustre l’émergence d’une flexi-sécurité à la française

L'ordonnance adoptée par le gouvernement le 2 avril 2015 qui élargit les profils concernés par le portage salarial intervient après un long dialogue entre partenaires sociaux.

Cette ordonnance parachève  l’encadrement juridique du portage salarial prévu par la loi du 25 juin 2008 de modernisation du marché du travail et sécurise ainsi le recours à ce dispositif par les entreprises du portage, les experts autonomes qu’elles salarient et les entreprises clientes.

Cet encadrement était d’autant plus nécessaire que les entreprises ont de plus en plus recours à des prestations intellectuelles extérieures et que les experts doivent être mis en mesure d’exercer, eux aussi toujours davantage, leur activité de manière autonome.

En effet, dans une économie de la connaissance, où le management par projet s’impose, les cadres peuvent ainsi saisir l’opportunité de transformer les phases de reconversion professionnelle en occasions de valoriser leur expertise.

De leur côté, les entreprises qui recourent à des consultants extérieurs s’attachent les services de collaborateurs d’un haut niveau d’expertise pour une mission de conseil, d’audit ou encore de formation.

Par exemple, lors de la création d’une activité nouvelle dont la pérennité est incertaine, le recours à des compétences extérieures permet à des entreprises qui ne pourraient faire des embauches supplémentaires de limiter les charges fixes de personnel tout en bénéficiant d’un savoir-faire dont elles ne disposent pas forcément en interne.

Dans ce contexte, le portage salarial est un outil qui répond à un besoin du marché du travail moderne. ITG, le groupe leader du portage salarial en France, revendique ainsi 17 000 entreprises et organisations qui ont eu recours aux prestations de ses consultants.

"Mon souhait était de reprendre un poste salarié. Pourtant l’idée a fait son chemin, j’ai rencontré des consultants extérieurs et ils m’ont parlé de leur métier. Cela me correspondait bien. A partir de là, je me suis demandé quelle pouvait être la meilleure structure pour m’installer.

Le portage salarial, dont on m’a parlé ensuite, m’est apparu comme une approche intéressante. Il me permettait de me focaliser sur le développement de mon business sans perdre de temps avec les tâches de back-office. »

 
Yves S, ingénieur, consultant ITG et coach professionnel indépendant
 

 

 

« La société civile est en fait en avance sur le droit dans son souhait de "travailler autrement" à condition de savoir lui démontrer qu’autonomie n’est pas synonyme de précarité. A terme, Nous souhaitons développe l’accompagnement réalisé par ITG à tous les consultants et experts indépendants en quête de sécurités, quels que soient leur statut.

Structurer ce secteur c'est offrir aux politiques de l'emploi un formidable relai de croissance exploitant des gisements d'emploi sous évaluées et sous utilisés aujourd'hui mais aussi offrir des opportunités nouvelles aux indépendants  »

 
Patrick Levy-Waitz, Président d’ITG et vice-président du PEPS

On ne peut plus prétendre retrouver le plein emploi en s'en tenant à une vision classique de l'emploi réduit au salariat dans l'entreprise traditionnelle

Ce serait faire l'impasse sur la révolution du travail qui se déroule devant nous et c'est passer à côté d'une partie importante de la solution. Pour lutter contre le chômage, il faut se battre sur tous les plans et intégrer tous les statuts qui participent de l'activité des travailleurs : salariés permanents, intérimaire, créateurs et repreneurs d'entreprises, auto-entrepreneurs, cadres portés.

Pour les cadres seniors, le portage salarial est un moyen dynamique de retrouver un emploi. S’ils choisissent une activité autonome en portage salarial, leur expérience n’est plus un handicap, mais un capital qu’ils peuvent mettre à profit auprès de leurs clients, tout en continuant à valider des semestres d’emploi salarié pour leurs retraites. 

 

Préférences pour le statut de salarié et principales motivations associées

Source : Note d’analyse du Centre d’analyse stratégique, octobre 2012, n°296, données Eurobaromètre

Le portage salarial accompagne l’évolution actuelle de la relation salariale vers un mode plus collaboratif que hiérarchique

La notion d'ordre hiérarchique, dans l’entreprise, s'estompe progressivement au profit de notions comme celle des « objectifs partagés ». Le cadre pilote davantage sa carrière et sa trajectoire professionnelle qu'à l'époque de l'employeur unique. Par conséquent, il devient « l'entrepreneur de lui-même ». Cela implique que la relation contractuelle de travail est en train de s'équilibrer, à l’instar de la mutation managériale observée dans l’industrie, où l'organisation taylorienne est remplacée par le Lean et les cercles de qualité.

Juridiquement, au cœur de la forme particulière de contrat civil qu’est le contrat de travail, il y a la relation hiérarchique employeur-employé. Or, dans bien des situations de travail, celle-ci n’est plus adaptée au contexte et à la forme que prennent nos relations sociales. Parmi les populations de cadres, dans le conseil notamment, la relation professionnelle employeur-salarié s’assimile davantage à une relation entre donneur d’ordre et prestataire.